Frédéric Rouvillois est professeur de droit à l'université Paris-V et conseiller de la Fondation pour l'innovation politique En savoir plus...

Un demi-siècle après sa naissance, la Vème République connaît une crise plus profonde que toutes celles qu’elle a pu affronter depuis cinquante ans : crise de fonctionnement, crise de conscience, crise de confiance, tant chez les gouvernés que chez les gouvernants. Tempête sur les institutions ? Ce blog, dont le titre pourrait surprendre, vise à décrire un passage délicat, marqué par le désordre, l’incertitude, et par des transformations rapides du paysage institutionnel et normatif. Une tempête qui ne se limite pas aux organes de l’Etat, à ses structures, mais qui perturbe aussi son mode d’intervention, son champ d’activité, les normes qu’il produit et les services publics qu’il assure. Voilà pourquoi ce blog ne s’interdira pas d’envisager les questions de façon globale – tant il est vrai qu’il faut appréhender le phénomène dans son ensemble si l’on veut espérer le comprendre.
Les promoteurs de la révision constitutionnelle en cours, on le sait, se sont contentés d’enfourcher l’antique cheval de bataille des adversaires de la Vème République, et de reprendre leur vieux cri de guerre : Haro sur la monarchie républicaine ! Restaurons le parlement dans toute sa gloire, rendons lui les prérogatives et les pouvoirs dont il fut injustement privé, en 1958, par les effets croisés de la pratique gaullienne et du parlementarisme rationalisé.
« Il reste maintenant quelques semaines pour qu'un accord soit trouvé entre les positions du gouvernement, de l'Assemblée et du Sénat », affirmait l’ancien Premier ministre Edouard Balladur le 27 juin dernier dans le Figaro, avant de souligner qu’un tel accord, indispensable à l’achèvement du processus de révision constitutionnelle, est à la fois « possible », et « souhaitable ».
Ce n’est pas parce que le médicament ne marche pas que le patient est en bonne santé. De même, ce n’est pas parce que les remèdes envisagés et prescrits dans le projet de révision constitutionnelle en cours paraissent inappropriés, sinon contreproductifs et dangereux, qu’il faut en déduire que la Vème République n’est pas malade.
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